Your House Guesthouse - Chiang Maï YOUR HOUSE GUESTHOUSE Your House Guesthouse - Chiang Maï
CARNET DE VOYAGE
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"Je me suis rendu en Thaïlande pour la première fois en juillet et Août 1995 (pardon, 2539 !), mon premier voyage en Asie. A l'occasion de ces 5 semaines en solo dans le Royaume de Siam, j'ai rédigé un carnet de route d'une centaine de pages retraçant les détails de mon parcours entre Bangkok, Koh Samui, Koh Phan Ngan; Koh Tao, Chiang Maï, Mae Hong Song et Sukkhotaï.

Je ne vais ici que reproduire la partie qui m'a amené à découvrir Your House Guesthouse, en reprenant le fil d'un matin à Bangkok, nous sommes le dimanche 13 Août, après avoir passé le début de mon séjour dans les îles du sud du pays ...

"Fidèle à mes indications, et non à mon souhait, le téléphone de la chambre 516 me réveille à 5h30. Après, attente ... minibus ... attente ... minibus ... attente, le bus véritable ne quittera Bangkok que vers 10 h ! Direction Chiang Maï, à près de 700 kms au Nord. Les traces d'industrialisation de Krung Thep (c'est ainsi que les thaïs dénomment leur capitale) ne disparaissant vraiment qu'une cinquantaine de kilomètres après le départ. Au second étage et à la place la plus en avant du bus, j'ai tout loisir non seulement d'étendre mes longues jambes, mais également de bénéficier d'un poste d'observation idéal. Poste d'observation à la fois de l'évolution du paysage , comme de la folle avancée du bus, rendant par moment on ne peut plus justifiée la présence de bandes de terres de part et d'autre du bitume. Fascinant la facilité avec laquelle les thaïs s'endorment. Pas moins celle avec laquelle, de rapidité cette fois, ils se restaurent le midi. Les rizières sont là, noyées sous les eaux. Le bord des routes propose des tonnes de fruits exotiques ainsi que des objets artisanaux en tous genres. La montagne, des routes quelque peu rongées par les pluies, Chiang Maï approche. Il est grand temps, car même muni d'une couverture, l'air conditionné me gèle, narguant la chaleur extérieure.

Choix au hasard d'une guesthouse. Quelques minutes après mon arrivée au terminal de bus, je me retrouve à Your House, où résident finalement pas mal de français, une bouffée d'oxygène après trois semaines d'ambiance plutôt anglosaxonne. Et pour cause, Sin, la propriétaire des lieux, parle un français que beaucoup pourrait lui envier. Le tek, bois imputrécible, peut préserver du temps une habitation pendant 100 ans. Il en reste donc 65, d'après la date de construction de la pension de famille de mon séjour Nord Thaïlandais. D'une première nuit, seul dans un dortoir de 7 places (qui depuis a disparu), je migre au petit matin vers une chambre double, comprenant une salle de bain. Ambiance trekking avec le départ et le retour essentiellement de francophones.

Creusées par l'eau salée du Sud, mes plaies aux pieds, au nombre de 5 (dûes à l'utilisation de mauvaises palmes et à mes pieds fragiles), plus une autre au genou (liée à une brulure sur le pot d'échappement d'une moto louée à Koh Samui, j'en porte toujours la marque aujourd'hui) me rappellent qu'il va falloir patienter avant d'envisager telle ou telle expédition. Une ballade de 2 heures à peine dans le coeur du marché de Chiang Maï m'a vite posé quelques difficultés. Retour précipité au camp de base, merci à ce Suisse pour sa paumade cicatrisante. Rhum consécutif au bus, début de fièvre ... une aspirine, deux heures de sieste, un steack de buffle avec des frites (remarquable). Place au sommeil après une série inépuisable d'histoires belges du Suisse et d'un français d'origine Belge.

Le 15 Août, je ne fais surface qu'à 11h30 (surement par respect du fait que c'est jour férié en France !). Les 2 Suisses et les 2 Français avec lesquels la soirée s'est terminée hier soir, sont partis en trek ... l'essai de mes chaussures de randonnée, la veille, m'a vite fait renoncer. Quelle frustration d'être bloqué. A défaut, je vais me faire masser, à une excellente adresse indiquée par Sin.

Accompagné par un couple de français de la guesthouse, un taxi est venu nous chercher et nous ramener, cela fait partie de la prestation. Vestiaire avec casiers à clé, douches et tenue en soie composée d'une chemise et d'un bas, sorte de pyjama taillé pour un sumo japonais, nécessitant un certain nombre de plis avant de tenir seul (j'ai appris depuis comment les fixer efficacement). Air conditionné, escalier donnant sur un couloir infinimùent long, donnant accès à des cellules de taille variable. Des matelas, confortables (les matelas thaïs le sont tous). Un oreiller, un calme agrémenté par un léger fond musical et une grande impression de fraîcheur, le tout mettant en condition avant l''arrivée des masseuses. Formées au Wat Po à Bangkok, elles travaillent 10 jours pour 1 journée de repos, à raison d'une quinzaine d'heures par jour (avec au moins les 2/3 du temps à attendre le client). La n° 24, ma masseuse du jour, a un revenu modique de 4000 baht par mois. A vérifier. Invérifiable. Tenues de soie, identiques, gestes identiques, la routine. Pour les trois massés, une énorme attente dans la découverte de ce premier massage. La curiosité, dans la découverte du massage qui balaye le corps de la tête aux pieds (Attention à mes pieds !), nous empêche d'être complètement libérés et déconcentre. Les trois caissières de chez Leclerc, pour leur part, piplètent pour tuer la routine. Commentaires sur leur matière première du moment ? Nous n'en saurons jamais rien. Il faudra y revenir une seconde fois, idéalement au retour d'un trek, pour ceux dont les blessures aux jambes ne constituent pas un obstacle.

Mercredi 16 Août, il va falloir se résoudre à accepter une inactivité forcée, du moins en ce qui concerne un trek, pendant au moins plusieurs jours. Un Belge, la trentaine, enfin à 20 % belge selon l'intéressé (?!) me fourni ma dose de rire pour la journée. Ballade à moto au Nord de Chiang Maï avec un couple de français ... en bénéficiant à nouveau de tous les conseils de Sin ... une ferme d'orchidées, magnifique en cette saison qui renferme, outre une impressionnante collection de fleurs, des papillons et des chats siamois ... un élevage de serpents, des cobras, des pythons et des dizaines d'autres espèces et même des crocodiles ... plus loin sur la même route, sourire du vendeur de tickets qui nous laisse garer nos motorbikes en y plaçant les antivols, puis de nous apprendre que les éléphants étaient dans la montagne, la visite du camp des éléphants nécessite un réveil plus matinal que celui auquel je me suis habitué. Ambiance garantie à la guesthouse au retour, je commence à bien me plaire ici, une soupe Tom Yam pour faire oublier la pluie torrentielle rendant périlleuse la conduite du motorbike.

Ambiance rentrée des classes en cette matinée du jeudi 17 Août, début d'une nouvelle journée de réparation de mes plaies (le chantier progresse trop lentement à mon gout). 9 h, début du cours de massage chez 'Aree Massage', à 5 minutes à pied de la guesthouse. Remise d'un book d'une trentaine de pages avec quelques mots sur le maître d'appartenance d'Aree, en préambule à une série de croquis commentés. Le reste est une pièce tapissée au sol de quelques matelas, un australien, une américaine et deux danoises comme élèves. Aree, une belle thaïe (encore une !), commence par me montrer avant que je ne répète, je n'en suis qu'aux pieds, long sera le parcours jusqu'au haut du crâne, d'autant que beaucoup semble affaire de mémorisation.

Trois étudiants français visitent à pied un temple de la vieille ville, à quelques pas d'ici ... et se font alpaguer par un local français. Après quelques mots d'histoire sur le temple, ils s'approprient la confiance de nos trois futures victimes. Et de leurs proposer d'aller boire un verre à son domicile. Pourquoi refuser devant telle hospitalité, qui plus est de la part d'un compatriote ? Sur le trajet, notre bonne âme doit simplement passer saluer un ami bijoutier, c'est ainsi que les trois étudiants se retrouvent dans une bijouterie ... et en ressortent 1 heure plus tard en s'étant vu débiter 2000 US$ par carte de crédit pour des saphirs avec l'intime conviction d'avoir réalisé une très bonne affaire. Le français leur a assuré que c'était là une pratique courante de beaucoup d'étudiants étrangers pour financer leurs voyages, vrais faux (ou faux vrais) certificats à l'appui. Il suffit simplement d'envoyer, par voie postale via Bangkok, les saphirs vers la France, où ils pourront être revendus au triple de leur valeur d'achat. Il a fallu moins d'une demie-heure à nos trois compères pour que leur naïveté commence à les quitter, après que l'invitation au domicile du français ne soit tombée aux oubliettes. Il n'est pas possible d'exporter des saphirs en France, sauf moyennant 180 % de taxe. Impossible aussi d'annuler une opération sur une carte de crédit. Les efforts de Sin n'y pourront rien : contact avec la police touristique avec laquelle elle entretient de très bonnes relations (ces derniers ont pris l'habitude de faire appel à ses services de traductrices dans le cas d'affaires concernant des français), les interlocuteurs de la bijouterie ont disparu, et n'ont d'ailleurs jamais existé, la banque en France ne veut rien savoir. C'est ainsi que des étudiants voient leur séjour gaché.

Le soir, pas de retour de trek. Calme extraordinaire des lieus, incroyable dans une ville asiatique, la vieille ville de Chiang Maï, c'est aussi ça. Un tarot avec Sin, Philippe et son amie, et Cécile, fraichement arrivée de Bangkok ; Aigrie par trop de temps passé dans la ville du sexe, en s'étant liée d'amitiés avec des actrices des lieus ... et d'en découvrir le triste envers du décor, la drogue et le reste.

Vendredi 18 Août. Ecole à 9 h, avec Catherine, qui s'est longuement demandée si l'école d'Aree Massage était sérieuse, au même titre que d'autres. Tout est faux est vrai, alors à quoi bon se poser des questions métaphysiques : Aree a été formé avec un grand maître, aucun doute là-dessus, s'il y en a, il suffit de les écarter. A dire vrai, l'américaine, Elisa, n'a pas les pieds des plus propres, ne parlons pas de ceux d'Andrew, l'australien. Cet aspect là ne me fait plus parcourir avec un réel enchantement les quelques mètres qui séparent la Guesthouse de l'école. Même si Catherine a invité tout le monde à se laver.

Le belge plus aigri que jamais à la Guesthouse où il ne réside plus, est présent à nouveau ce soir là, il y apprécie trop le steack de buffle avec ses frites (à confondre à s'y méprendre avec les vériatbles frites de chez nous). Pour ma part, j'apprécie trop les patthais pour que la nostalgie de la cuisine française ne reprennne le dessus. Je commence à me lier d'amitié avec le chien, Foufoune (allez savoir d'ou vient ce nom ?!). Impossible qu'il n'échappe à l'objectif de mon automatique. De mémoire, je n'ai pas souvenir d'avoir déjà vu un chien croiser les pates pour tuer le temps, ni passer autant de temps à regarder un os avant d'en profiter. Sans parler de sa haine des thaïs : à chaque passage d'un thaï dans la ruelle, Foufoune devient hystérique. Maintenant, je suis le plus ancien à YourHouse, d'ordinaire on y passe 3 ou 4 jours, le temps d'un trek et d'une journée sur Chiang Maï. C'était aussi ma prévision initiale, mais je commence à me demander si je vais vraimnt pouvoir partir en trekking, car la guérison de mes jambes tarde. Merci à Sin pour sa préparation d'argile et son application sur mes plaies à problème. Au moins je profite de l'ambiance, comme des personnages qui passent ici ... comme "Magic man", surnom donné à un journaliste photographe par ses compagnons de trekking d'où ils reviennent ce jour. Pierre, 57 ans, ("Magic Man"), parcourent le monde avec son Canon, dont il communique les meilleurs clichés, dopés d'un textuel, à une agence sur Paris, freelance baroudeur. Comme Jean-Claude, rennais qui a oublié Rennes depuis 15 ans, et a pas mal galéré avant d'obtenir un statut d'enseignant, peu rémunérateur, sur Chiang Maï, sans sécurité sociale, sans retraite ... vivre à la thaïe. Ces personnages rencontrés font aussi un voyage. Ce soir là, on finira à la Brasserie, à ingurgiter du whisky local (de piètre qualité, mais bon !) mélangé avec du Seven Up et une quantité énorme de glace. Sin veillant à ce que nos verres restent remplis en permanence. Une guitare, une batterie, un clavier et des aires de Pink Floyd . Le tout produit son effet, que la douche de 4 heures du matin a beaucoup de peine à atténuer.

Thaï massage Certificate en poche daté du jour. Avec les félicitations de toutes l'équipe de YourHouse, Loï, le guide, m'offre même une bière. Chaleur assommante, 34 degrés,. Une pellicule photo épuisée dans les ruelles du vieux Chiang Maï. Un saut au marché de jour, marché asiatique typique, luxurieux de fruits et légumes ou de nourriture moins orthodoxe (occidentalement parlant) comme des cafards des eaux. Il m'aura fallu plus d'une semaine pour me rendre compte, à l'entrée de la Gueshouse, de la présence d'une maison aux exprits, fidèle à moi-même somme toute : hilarité du personnel de YourHouse, Sin en tête. Chute de quelques degrés, et déluge de grosses gouttes de pluie. Changement des odeurs, changement des couleurs, l'environnement a tout d'un coup changé d'apparence sans utiliser ni jambes ni tuk tuk pour se déplacer. Changement des sonorités, de grosses flaques envahissent le sol, le ciel vient de craquer, des bassines d'eau se déversent de tous les toits environnants. Des résidents courent, affolés mais trempés. Parce que mes pieds se refusent à me donner le feu vert pour le trek, je poursuivrai ma route demain ...

L'animal, appartenant à la famille des bipèdes plus communément appelé touriste me fascine et me sidère à la fois. Il lui faut faire. Ne pas faire c'est ne rien faire, il faut placer un maximum de croix sur le guide, quitte à ne rien voir vraiment, quitte à ne regarder que caché derrière la caméra. Bus de 7 h du matin loupé, c'est une journée de perdue sur l'agenda (que vient faire ce mot ici ?) des vacances. Cela laisse les thaïs impassibles, sans les empêcher de s'abandonner à la sieste, quelque soit la position ou l'endroit. J'ai découvert le coeur d'une vieille ville ou il n'y a rien de fabuleux à voir (je veux dire comme le Wat Po ou la Palais Royal de Bangkok). J'y ai photographié des chiens, dont 80 % auraient la rage. Gaspillage de pellicule insensé à quelques rues de temples splendides. Je me suis imprégné d'une ambiance. Mais une ambiance, ça n'intéresse personne, et c'est moins facilement racontable devant la question "Alors, la Thaïlande ?". A Chiang Maï, J'ai suscité l'intérêt de quelques thaïs, j'ai habitué Foufoune, la chienne qui croise ses pattes à l'entrée de la Guesthouse, à venir consommer sa dose quotidienne de caresses à la tombée de la nuit, j'ai picolé un peu trop de bière (Pourquoi un peu trop ?) en s'abandonnant à quelques légèreté philosophiques avec quelques personnages. Bref, je n'ai rien fait. Le soir, virée au Night Market ... et cuite au whisky avec Pierre, le photographe, qui revient d'une virée à Mae Hong Song, au lit quelques dizaines de minutes avant que le jour ne se lève. Ainsi se cloture ce mardi 22 Août, ou plutôt que commence de Mercredi 23 Août.

Après-midi d'initiation au Bouddhisme au Doï Suthep. La nuit précédente m'a forcé à différer mon départ, sous à nouveau l'hilarité de toute l'équipe de YourHouse. Qu'il est bon d'être sur les hauteurs à l'extérieur de Chiang Maï, et de jouir de cette fraicheur. Vue d'ensemble sur la ville (Le Doï Suthep est mon temple préféré de Thaïlande, j'y suis depuis retourné 3 fois depuis). Glande avec un Singha Beer à écouter le bruit du ventilateur, à regarder la nuit tomber, à regarder la cuisinière La installer au sol le dispositif anti-moustique. Riz au curry, encore excellent, demain je partirai. Martini, Whisky et Pink Floyd, non, ce cocktail ne m'y prendra plus ...

Je suis parti. S'il est appréciable de s'attarder dans un endroit, parce que le temps oeuvre pour beaucoup dans la découverte, on prend le risque d'avoir du mal à en partir. Pas étonnant qu'une partie d'habitués essentiellement composée de RMIstes français, vienne passer ici une partie de l'hiver. Merci mille mercis. J'ai poursuivi ma route vers Mae Hong Song.

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Je suis revenu à Your House en 1997, avec 3 amis pour y faire un trek. Mais ça, c'est une autre histoire, encore une belle tranche de vie. Bon séjour à Your House à vous"

Jacques - jacques@siprog.com

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